Témoignage d’un kiné de l’INSEP

 

Cet été, nous avons suivi les JO de très près avec notre reporter kiné Laurie (https://www.facebook.com/KobusApp/). Les JO c’est fini mais pour les sportifs, l’entrainement et les compétitions continuent. Et à leurs côtés, il y a de nombreux masseurs-kinésithérapeutes : leur rôle est clé pour la prévention des blessures, la prise en charge, la récupération, … 

Pour en savoir plus sur la pratique de la kinésithérapie du sport, nous avons rencontré Etienne, kinésithérapeute à l’INSEP (l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance).

 

 Bonjour Etienne, peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Bonjour, j’ai 32 ans et j’exerce depuis 7 ans. J’ai commencé par 4 années en libéral dans un cabinet spécialisé en traumatologie du sport aux côtés d’un ancien kinésithérapeute de l’équipe de France de Pentathlon Moderne, puis j’ai intégré l’INSEP en juillet 2013.

Je fais partie de l’effectif des masseurs-kinésithérapeutes du service médical de l’INSEP et, à ce titre, je suis amené à soigner des athlètes des 28 sports représentés à l’INSEP. Je suis également réfèrent pour le tennis de table ce qui me permet de suivre préférentiellement les sportifs de cette fédération.

La Fédération Française de Tennis de Table m’a sollicité pour travailler en étroite collaboration et être également présent deux matinées par semaine lors des entraînements.

En parallèle, j’ai gardé une activité libérale (20% de mon temps) où je fais uniquement du domicile.

 

La kinésithérapie du sport de haut niveau en quoi est-ce spécifique?

Il est nécessaire d’avoir une « vision sportive » de la traumatologie, c’est-à-dire d’intervenir sur le système musculo-squelettique en tenant compte du geste sportif et du projet du sportif.

Cette spécialité impose de connaître différentes techniques de soins afin d’optimiser le traitement des structures lésées (muscles, tendons, articulations…).

Tout comme le mécanicien, le masseur-kinésithérapeute doit choisir dans son panel de techniques, l’outil le plus adéquat pour traiter le problème rencontré. A l’INSEP, nous avons la chance de bénéficier d’un plateau technique de grande qualité, équipé de matériel de pointe.

La particularité de notre prise en charge réside dans le fait qu’il est nécessaire de comprendre et d’analyser le geste sportif afin de pouvoir proposer, dans un contexte de blessure, un travail qui colle au plus près des repères du sportif.

Toutefois, comme pour toutes les prises en charge en kinésithérapie, l’écoute et la compréhension des souffrances des patients restent au cœur de notre activité.

 

Et la prise en charge par les kinésithérapeutes à l’INSEP ?

Ce qui est particulier à l’INSEP, mais commun à toutes les structures de haut niveau, c’est l’étroite collaboration avec les différents professionnels qui gravitent autour de l’athlète, notamment avec l’entraîneur. En effet, face à la blessure, l’arrêt ou la modification de l’entrainement est bien souvent une situation difficile à gérer compte tenu des contraintes du calendrier sportif. Le dialogue entre les différents interlocuteurs techniques et médicaux est important afin d’appréhender au mieux cette période délicate.

Par exemple, sur le pôle du Tennis de Table, nous nous réunissons chaque semaine avec les médecins référents et la coordinatrice afin de faire un point sur le suivi des blessures des joueurs et joueuses, permettant ainsi de faire un retour direct aux entraineurs. Ils participent d’ailleurs souvent à ces réunions ce qui leur permet d’appréhender au mieux la prise en charge médicale de leurs sportifs.

Ce staff médical composé de médecins et de kinésithérapeutes est fixe, ce qui facilite aussi cette prise en charge coordonnée.

Le préparateur physique est également un interlocuteur très important. L’échange quotidien avec ce dernier permet d’optimiser le retour sur le terrain des athlètes après la blessure, mais aussi d’agir en amont, de manière préventive, en proposant des programmes adaptés au sportif.

 

Être kiné dans une fédération, cela implique des déplacements :  tu étais présent aux JO cet été?

J’ai effectivement eu la chance d’accompagner l’équipe de France de Tennis de Table à Rio pour les Jeux Olympiques au mois d’août dernier.

Habituellement en compétition, notre intervention consiste en la réalisation des soins au cours de la journée (préparation et accompagnement lors des entraînements ou des épreuves) et la récupération le soir. Celle-ci a généralement lieu à l’hôtel dans une chambre transformée pour l’occasion en espace de soins et de relâchement pour le sportif.

Cette organisation s’est trouvée modifiée pendant les JO car les sportifs résidaient aux villages Olympiques alors que j’étais pour ma part logé à l’extérieur. Etant dans l’obligation de quitter le village à 21h, je m’occupais des soins en journée, pendant l’accompagnement des sportifs sur le site de compétition et je transmettais ensuite mon compte rendu aux collègues présents sur le village afin qu’ils assurent les soins de récupération le soir.

 

Et si on parle de la kinésithérapie de façon plus générale, quelles sont les principales évolutions pour toi ?

La kinésithérapie est un domaine qui continue d’évoluer, notamment grâce à la place croissante de la recherche. Certaines écoles de kinésithérapie ont davantage mis l’accent sur la recherche (recherches bibliographiques, analyse d’articles…). Des études internationales sont aujourd’hui menées afin de valider les techniques ou les protocoles. Certains pays comme l’Australie, ou la Nouvelle Zélande peuvent être cités en exemple dans ce domaine.

Cependant, la kinésithérapie est un métier avant tout manuel, porté sur l’humain. La science ne peut vraisemblablement pas tout démontrer mais la recherche peut, à mon sens, permettre de réaliser des avancées dans notre discipline, de diversifier et compléter nos prises en charge.

A l’heure actuelle, même si chaque masseur-kinésithérapeute de l’INSEP a sa façon de prendre en charge les sportifs, une démarche d’harmonisation de nos pratiques est recherchée. Par exemple, en collaboration avec le service recherche de l’INSEP, un protocole a été établi pour les tests isocinétiques, ce dernier étant commun avec de grands centres de rééducation, tel que celui de Cap Breton.

 

Merci Etienne pour cet aperçu de la vie d’un kiné qui est au plus près de nos athlètes nationaux et pour cette belle vision de la kinésithérapie !

Nous partageons ta vision et celle-ci guide le développement de Kobus App (https://kobusapp.com/projet-collaboratif/)

 

 

Cet article vous a plu ? 

Inscrivez-vous à la gazette kobusienne pour recevoir (gratuitement) tous les 1ers lundi du moi, une newsletter 100% kiné, 100% EBP, 100% innovation et lire d’autres articles comme celui-ci !