Le gainage ne se limite pas au statique

L’exercice dit de la “planche” est le premier qui nous vient en tête lorsque l’on parle de gainage. Sûrement car nous avons l’habitude de réaliser des évaluations statiques au niveau du tronc.

Les tests de Shirado et Sorensen sont bien utiles, mais ne doivent pas être proposés comme unique plan de rééducation. Dans le cas d’un déficit clair lors du bilan initial, le suivi de ces valeurs (facilement quantifiables et reproductibles) sera très intéressant lors du suivi de vos patients (et c’est d’autant plus facile avec Kobus qui vous calcule le ratio automatiquement ET qui vous génère des graphes pour l’évolution → lien vers une page du site Kobus accueil ou fonctionnalités).

Et donc attention, à force d’associer gainage et planche, on ne voit plus que des exercices en procubitus pour s’adresser à la stabilité du tronc, alors qu’il existe une grande variété de sollicitations possibles !

Bien que cet exercice puisse être tout à fait intéressant dans certains cas : début de prise en charge, personnes déconditionnées etc… le proposer à tous dans un but de gainage est inadapté.

Le record pour cet exercice est de 8h ! Tout aussi impressionnant qu’inutile

Tout d’abord, définissons la notion de gainage et cela n’est pas aisé

Kibler et al. (2006) la décrivent comme “la capacité à contrôler la position et le mouvement au niveau du tronc (rachis) et du pelvis, afin de permettre la production, le contrôle et le transfert des forces aux membres supérieurs et inférieurs au cours du mouvement”.

Il est très intéressant de voir le gainage comme du contrôle moteur, permettant stabilité et mobilité.

C’est donc vraiment cette notion de stabilité, d’équilibration, d’une zone permettant le mouvement des autres zones, qu’il faut avoir en tête.

On parle parfois d’empilement dynamique des articulations et des segments corporels dans un but fonctionnel.

Dans ce concept, le centre tronc-pelvis doit permettre le mouvement des membres supérieurs, des membres inférieurs et permettre des adaptations fréquentes, autorisant l’atteinte de l’objectif fonctionnel.

On peut résumer cette idée en se disant que pour produire un mouvement efficace, un membre doit pouvoir s’appuyer sur un point fixe (le point fixe pouvant être mobile on y revient).

De plus en plus d’éléments mettent en exergue l’interdépendance des zones comme on peut le voir avec l’intérêt de la bonne constitution de la chaîne cinétique dans les rééducations d’épaule (Richardson et Al, 2020).

Si l’on reste sur cette zone de l’épaule, un bon exemple peut être le geste du smash au tennis. Le membre supérieur tenant la raquette qui va frapper la balle bénéficie de la stabilisation du tronc au moment de l’impact, afin de faciliter la précision du geste. Les pieds au sol permettent de fournir plus de force et encore plus de précision au geste, favorisant la performance.

Lors de ce mouvement, principalement guidé par la finalité de positionnement de la main et de la raquette, on voit que la zone thoracique est mobile. Le mouvement du haut du dos permet de favoriser la puissance et la vitesse fournie à la raquette. Vous trouverez plein d’infos sur la biomécanique du tennis en parcourant le site et les travaux de Caroline Martin

On comprend donc en analysant, en disséquant les gestes quotidiens et sportifs, que les exercices statiques répondront peu souvent à des utilisations fonctionnelles.

L’Homme debout

L’Homme étant bipède et vivant debout, il a besoin d’une alternance de stabilité et de mobilité pour chaque membre.

Les sollicitations et mises en contrainte à proposer aux patients doivent plutôt se faire dans des conditions proches de leur vie quotidienne, de leurs gestes sportifs afin de favoriser leur transposition.

On a alors une richesse extraordinaire en utilisant des plans instables, des surfaces de glissement, des ballons… Afin d’enrichir les sollicitations pour les proposer aux patients que l’on prend en charge.

On pourra, par exemple, demander à un volleyeur de dribbler face à un mur le bras en élévation maximale et, le ou les pieds sur un plan instable. On pourra créer de la déstabilisation par le poids du ballon, également en fixant un/des élastiques au(x) poignet(s), ou encore placer le joueur à genoux sur un ballon de Klein. L’objectif sera de s’assurer que les progrès réalisés lors de l’exercice choisi, ou du programme d’exercices prescrit en fonction de votre bilan, se retrouveront dans l’amélioration de sa vie quotidienne ou sportive.

Un élément essentiel à la performance de propulsion, d’évitement de mobilité sur un terrain, est que le tronc soit capable de maintenir les épaules le plus au-dessus du bassin possible. Et ce lors de tous les déplacements, les sauts, les changements de direction, etc…

On voit bien que la frontière entre ce que l’on appelle le gainage et la proprioception fonctionnelle globale est proche.

10s et c’est stocké dans Kobus !

La difficulté réside également dans le fait d’analyser des gestes complexes, puis de les réévaluer.

Filmer votre patient avec Kobus afin d’alimenter votre bilan peut être une solution et vous permettre de choisir une sollicitation spécifique.

Il vous restera ensuite à être créatif afin de proposer un exercice personnalisé à votre patient lui permettant de solliciter ses besoins de stabilisation !

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