Myélopathie et neuropathies périphériques

Comment les évaluer ?

Par Bryan Littré, MKDE, passionné par les atteintes nerveuses périphériques

Bonjour, je me présente, Bryan LITTRE MKDE diplômé du CEERRF de Saint-Denis. Depuis mon diplôme, j’ai suivi beaucoup de formations dans le champ musculo-squelettique où j’ai découvert les atteintes nerveuses périphériques (névralgies cervico brachiales, sciatalgies, radiculopathies …) pour lesquelles j’ai un attrait particulier.

Ainsi, durant les prochaines semaines, je vais vous présenter différents aspects de ces pathologies, beaucoup plus fréquentes qu’on pourrait le croire.

Les notions et définitions les plus communes seront présentées dans ce premier billet.

La neuropathie

La neuropathie est désignée comme une maladie ou une altération des fonctions du système nerveux. Elle peut être d’origine inflammatoire, compressive mécanique, immunitaire, systémique ou vasculaire. Les symptômes sont multiples et dépendent du type de fibre nerveuse atteinte. Cependant, la symptomatologie est le plus souvent mixte avec plusieurs altérations ou pertes de fonctions. Dans la plupart des cas la neuropathie est évolutive, il est donc essentiel de savoir identifier et quantifier les fonctions du patient.

Il existe deux sous familles de neuropathies dans le champ musculo-squelettique : la myélopathie et la neuropathie périphérique.

“Dans la plupart des cas la neuropathie est évolutive, il est donc essentiel de savoir identifier et quantifier les fonctions du patient.”

La myélopathie

La première est la myélopathie, une maladie de la moelle épinière. Elle est le plus souvent compressive par sténose lombaire ou cervicale. Les signes cliniques de cette atteinte sont majoritairement symétriques. Nous retrouvons fréquemment chez ces patients des douleurs neuropathiques, un syndrome sous lésionnel en dessous du niveau de l’étage vertébral atteint. Un syndrome sous lésionnel est la traduction de la souffrance des cordons médullaires,  illustrée par une altération partielle ou complète des fonctions somato-sensorielles, motrices, trophiques et viscérales (incontinences). Cliniquement nous retrouvons souvent la présence de réflexes pathologiques (Clonus, hyper réflexie, Babinski, Hoffman…), de troubles de la marche et de radiculopathies.

Les causes et mécanismes les plus fréquents pouvant engendrer ce type de troubles sont :

  • Envahissement (métastases osseuses d’un cancer situé ailleurs).
  • Compression (hématome, oedème, tumeur, arthrose dégénérative, spondylotique).
  • Section (suite de traumatisme).
  • Lésions dégénératives (sclérose en plaques ).
  • Infection (méningite, infections virales).

Un questionnaire existe afin de pouvoir exclure une myélopathie cervicale, c’est le « Japanese Orthopaedic Association Cervical Myelopathy Evaluation Questionnaire ». Également, un ensemble de tests décrit par Cook (Cook et al, 2010) permet d’évaluer la présence ou non d’une myélopathie.

“Cliniquement nous retrouvons souvent la présence de réflexes pathologiques, de troubles de la marche et de radiculopathies.”

La neuropathie périphérique

La seconde est  la neuropathie périphérique, qui est la maladie ou l’état dégénératif des nerfs périphériques externes au cerveau et à la moelle épinière, y compris les maladies des racines nerveuses, des ganglions, du plexus, des nerfs autonomes, des nerfs sensoriels et des nerfs moteurs. Le schéma clinique des patients est sensiblement différent. L’image clinique type des neuropathies douloureuses est une combinaison de symptômes négatifs (perte de sensation, hypoesthésie, hypoalgésie) et de symptômes sensoriels positifs (douleur spontanée, hyperalgésie, allodynie). Les symptômes moteurs sont dépendants du type de fibre nerveuse atteinte. Au niveau neurophysiologique, une sensibilisation centrale et/ou périphérique est présente.

Nous pouvons retrouver une symétrie des symptômes, mais le plus souvent cela est associé à une polyneuropathie qui est un trouble héréditaire ou acquis généralisé, presque symétrique affectant les nerfs périphériques. Elle est la forme la plus courante des neuropathies périphériques. La neuropathie diabétique est la forme la plus courante de polyneuropathie. Des neuropathies périphériques peuvent également se retrouver non douloureuses mais elles sont le plus souvent associées à des douleurs neuropathiques.

Une douleur neuropathique périphérique peut être provoquée par une lésion ou par une maladie d’un nerf. Les causes importantes sont : les radiculopathies lombaires mécaniques et/ou inflammatoires (« sciatique »), les névralgies post-zostériennes (douleurs persistantes après un épisode de zona), les neuropathies diabétiques, les neuropathies liées au VIH et les douleurs chroniques post-chirurgicales dû à des lésions nerveuses.

Une douleur neuropathique est caractérisée par des symptômes désagréables, tels que douleur fulgurante ou sensation de brûlures, engourdissements, altération de la sensibilité et sensations très difficiles à décrire. Cependant, de nombreuses douleurs ont des caractéristiques neuropathiques, sans être dûes à des maladies dites neuropathiques. Il est donc préférable de parler de composante neuropathique de la douleur, en l’absence de preuve de lésion du système nerveux. Il est important de savoir les identifier car elles ne répondent pas au traitement médicamenteux classique et nécessitent une prise en charge spécifique dans certains cas. Afin de pouvoir identifier une composante neuropathique des douleurs de votre patient, plusieurs questionnaires valides existent (comme le pain détect ou encore le DN4).

“L’image clinique type des neuropathies douloureuses est une combinaison de symptômes négatifs et de symptômes sensoriels positifs.”

Après avoir posé les bases de ce que nous allons explorer, je vais tenter dans le prochain numéro de vous apporter les éléments expliquant en quoi savoir faire un examen clinique correct de ces troubles est primordial.

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2018-11-13T18:18:48+00:00

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